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Article du numéro 69 - 29 février 2008
Rétablir chacun dans ses droits, protéger les individus et la société, autant de missions permettant de garantir la justice. Celle-ci est rendue par les juridictions et assurée par l'administration pénitentiaire.
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Rétablir chacun dans ses droits, protéger les individus et la société, autant de missions permettant de garantir la justice. Celle-ci est rendue par les juridictions et assurée par l’administration pénitentiaire. L’administration de la protection judiciaire de la jeunesse contribue également à réaliser ces objectifs en prévenant et sanctionnant la délinquance juvénile.
Les métiers exercés en juridictions sont d’une très grande diversité. Les fonctions de magistrats du siège (jugeant les affaires) et de greffiers (cf. fiche concours) sont les plus emblématiques de l’administration judiciaire. Il en existe pourtant beaucoup d’autres, toutes aussi passionnantes.
Juge de proximité, un citoyen au service de la justice
Le juge de proximité est un citoyen exerçant la justice. Il est compétent aussi bien en matière civile que pénale. Il statue seul, sur des litiges de la vie quotidienne dont le montant est inférieur à 4 000 euros ainsi que sur des infractions mineures telles les tapages nocturnes. Il exerce ses fonctions au sein du tribunal d’instance. Il bénéficie de toutes les garanties d’indépendance des magistrats. La complémentarité des fonctions civiles et pénales, le jugement d’affaires de la vie quotidienne sont autant d’intérêts à l’exercice de ce métier.
Juge d’instruction, un juge enquêteur
Le juge d’instruction enquête sur l’affaire. Son rôle est de rechercher tous les éléments permettant de constater la culpabilité de l’accusé ou au contraire conduisant à le disculper. Pour cela, il peut interroger les victimes et les personnes mises en examen, se déporter sur les lieux de l’affaire, désigner des experts, ordonner des perquisitions, des saisies ou des mises sur écoute. À l’issue de l’instruction, il peut rendre une ordonnance de non-lieu ou décider d’envoyer la personne mise en examen devant la juridiction. Comprendre ce qu’il s’est passé, contribuer à la manifestation de la vérité, être en contact avec des personnes différentes participent à la richesse de ce métier.
Pour mener à bien ses deux objectifs, exécution des peines et réinsertion sociale, l’administration pénitentiaire offre une très large variété de métiers. Si l’on pense généralement aux métiers de surveillance (cf. fiche concours), d’autres sont moins connus, les métiers administratifs, techniques et surtout les métiers de réinsertion.
Directeur d’établissement pénitentiaire, un métier polyvalent
Le directeur d’établissement pénitentiaire est chargé d’assurer l’exécution des peines des détenus dans les conditions les meilleures possible, tout en leur permettant de se réinsérer dans la société le plus efficacement. Il est en contact permanent avec les magistrats, les services sociaux et médicaux, les associations. Il gère également, tel un manager d’équipe, les différents services de l’établissement pénitentiaire.
La diversité des attributions et la satisfaction de contribuer à la réinsertion de personnes en difficulté participent de la richesse de cette profession.
Conseiller d’insertion et de probation, un métier pour lutter contre la récidive
Intervenant aussi bien en milieu fermé (en prison) qu’ouvert (à l’extérieur), le conseiller d’insertion apporte une aide précieuse aux personnes privées de liberté. Les échanges auxquels il procède avec les détenus lui permettent de fournir à la juridiction des informations permettant d’individualiser la peine ou d’en prononcer des aménagements. Le prononcé du jugement tient, grâce à leur office, pleinement compte de la situation personnelle du détenu. En prison, le conseiller doit tout mettre en oeuvre pour assurer à la personne sa bonne réinsertion dans la société. Pour cela, il veille au maintien des liens familiaux, propose des formations, facilite l’accès aux soins. Il intervient également pour accompagner la personne en liberté conditionnelle, sous surveillance électronique ou condamnée à des travaux d’intérêt général. Le conseiller aide ainsi l’individu à progressivement reprendre une vie normale et apporte au magistrat les éléments lui permettant de prendre sa décision de manière optimale.
Lorsqu’un jeune est en danger, il appartient à l’État de le protéger et de lui permettre de s’intégrer au mieux dans la société. Le juge des enfants occupe une place essentielle dans ce dispositif, son action se voit confortée par celle d’autres acteurs de la protection judiciaire de la jeunesse.
Juge des enfants, un métier pour protéger et juger
La mission du juge des enfants est de protéger le mineur de moins de 16 ans, soit que ce dernier soit en danger, soit qu’il ait commis une infraction. Une des spécificités de cette fonction réside dans le fait que ce magistrat cumule les fonctions de juge d’instruction, de jugement et d’application des peines. Il accompagne ainsi le mineur tout au long de la procédure juridictionnelle.
Il dispose d’un large panel de mesures lui permettant de prendre la décision la plus appropriée pour l’enfant. Si une infraction pénale a été commise, le juge des enfants peut ordonner le placement en détention du mineur. Il peut également placer l’enfant en famille d’accueil, dans un foyer ou prescrire le suivi de la famille par une personne de la protection judiciaire de la jeunesse. Il collabore ainsi avec les éducateurs, les assistantes sociales, les pédiatres, les psychologues, mais aussi avec des associations pour toujours parvenir à améliorer la situation de l’enfant.
Éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse, un métier pour protéger et accompagner
Lorsqu’un mineur est placé en dehors de sa famille, soit en foyer, soit en centre d’insertion, soit en détention provisoire dans des établissements pénitentiaires pour mineurs, celui-ci est accompagné par un adulte, l’éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse. Son rôle est capital puisqu’il doit permettre à l’enfant de se reconstruire en l’éduquant. Il lui réapprend le respect des règles et met tout en oeuvre pour que celui-ci puisse quitter la structure avec un réel projet personnel et professionnel. Il lie ainsi des liens avec les personnes permettant de réinsérer le jeune dans la société, les enseignants, les médecins et les magistrats notamment. La richesse des relations humaines ainsi tissées et la protection de l’enfant contre autrui ou contre lui-même sont autant de facteurs de satisfaction.
ÉMILIE MOREL