![]() |
InterviewAndré Rossinot vient de nommer Jean-Robert Massimi comme
La Lettre du Cadre Territorial numéro 365 (15 septembre 2008) |
Un article de M Jean-Robert Massimi
Télécharger cet article en PDF
Jean-Robert Massimi administrateur territorial, est directeur général du CNFPT. Il était auparavant directeur de cabinet du président du Conseil national d'orientation du CNFPT, avant d'être nommé directeur de cabinet d'André Rossinot à son élection à la présidence du CNFPT.
Plus que jamais ! Cette loi libère les possibilités de développement de la formation. Le renouveau du CNFPT s'appuie sur cette loi. Dans une ancienne vision des choses, on pourrait considérer l'existence du CNFPT justifiée par la contrainte très normée de la FIA et de dispositifs obligatoires très lourds pour les employeurs, les agents et le CNFPT. Mais c'est nous-mêmes, CNFPT, qui avons demandé un allégement du système, tant nous mesurions, dès 2002, les fortes critiques de ce système et l'insatisfaction face à sa lourdeur excessive. Loin de nous plaindre de cette loi, nous considérons donc qu'elle est une occasion extraordinaire de renouveler et d'adapter notre offre de formation, de la dynamiser sur le modèle de la formation d'accompagnement de la carrière. Au lieu de nous plaindre de ce qu'elle nous fait perdre un public captif, nous préférons miser sur la conquête de nouveaux publics, que nous touchions de manière périphérique par la formation continue ou les formations intra. Évidemment, cela demande - et ce sont mes priorités pour les six mois qui viennent - une mobilisation complète des ressources du CNFPT pour offrir une autre manière d'organiser des formations, une autre manière de dialoguer avec les collectivités et d'envisager l'ensemble de leurs besoins de formation. Car n'oublions pas que la loi réaffirme clairement le CNFPT comme principal organisateur et acteur de la formation obligatoire. Il reste au c½ur de ce dispositif. Si nous ne voulons faire que ce que nous faisions avant, le CNFPT n'a effectivement plus de raison d'être. En revanche, s'il se met en position de reconquérir des publics, de s'adapter aux attentes des collectivités et des agents, alors nous avons devant nous de grandes possibilités de développement et d'innovation.
Cela représente 80 % de la FPT : environ 50 000 personnes à former par an, sur quelques jours. L'efficacité de la formation dépend des objectifs fixés. La loi nous donne cinq jours minimum. Le cahier des charges est de les former aux fondamentaux de tout fonctionnaire territorial en entrant en collectivité : environnement de la collectivité, statut, fonctionnement de l'administration territoriale...Le CNFPT a élaboré, outre le livret individuel de formation, une série d'outils, sous forme de mallettes, mais aussi des outils en ligne que chaque délégation régionale va utiliser et diffuser aux formateurs et intervenants. Nous voulons une certaine unité de ces formations, mais il ne faut pas oublier que la catégorie C n'est pas une catégorie homogène : certains ont déjà une bonne expérience de la FPT, d'autres ont passé des concours de catégorie C mais sont titulaires de diplômes supérieurs... Il s'agit donc d'adapter ces formations aux différents niveaux.
Il est vrai qu'on est allé assez loin dans la « réduction ». Nous avions nous-même discuté des durées possibles avec la DGCL et les syndicats. Le Conseil national d'orientation s'était par exemple prononcé pour une hypothèse de durée supérieure à celle qui a été retenue. Il ne faut toutefois pas réduire les questions de formation à des problèmes quantitatifs et de durée. Les modalités de formation peuvent être diversifiées. Il faut intégrer ces formations d'intégration dans un parcours professionnel qui dépasse la formation initiale : le système de plancher/plafond permet une grande souplesse, et il faut ajouter à ce dispositif le DIF, la formation de perfectionnement. Les possibilités sont donc importantes, diversifiées, d'autant que pour les A et B, on a affaire à des agents souvent déjà bien formés.
La concurrence ne date pas d'hier !!! Nous perdons une partie de notre monopole, comme beaucoup d'autres grands organismes publics d'ailleurs. Je le prends comme une occasion de nous moderniser, tant ce monopole était soporifique. Nous sommes ainsi obligés d'avoir une offre de formation plus adaptée, de haut niveau, plus attentive à l'évolution des métiers et des politiques publiques. La loi nous incite à contracter des partenariats avec des organismes publics et des grandes écoles de formation, reconnus pour leurs compétences scientifiques et intellectuelles ; je pense à certaines écoles techniques, à l'école des chartes... Nous n'avons pas de raison d'être en concurrence, nous devons plutôt associer nos compétences. En nous alliant à ces organismes nous pourrons démultiplier nos forces. Le CNFPT doit devenir un « portail » qui permettra aux collectivités de disposer de la diversité des offres qui existent pour l'ensemble des filières et métiers de la FPT.
Tout d'abord, il ne faut pas réduire l'action, les champs d'intervention de l'INET aux formations des élèves administrateurs et au cycle commun avec l'ENA. Au chapitre du bilan, la coopération avec l'ENA en est à sa troisième année. Elle ne se limite pas au noyau, qui a certes été le plus complexe à mettre en place, de la formation commune des élèves administrateurs civils et territoriaux. De nombreuses coopérations concrètes sur l'organisation de colloques et sur la formation continue sont en cours de développement sur les politiques publiques. La spécificité positive de l'INET est son caractère « interfilière » : il est essentiel que les cadres administratifs, sociaux, techniques, les médecins aient un lieu de formation commun. Il reste encore une marge de développement des cycles de formation continue à tous les niveaux de prise de responsabilité, pour accompagner la carrière des cadres supérieurs. Troisième sujet sur lequel le champ de développement est tout aussi important : le champ technique. Nous sommes en train de développer des coopérations concrètes avec les écoles techniques de l'État : il faut structurer fortement la formation des ingénieurs pour la rendre aussi multiple, variée et attractive que celle des administrateurs territoriaux.
Des travaux internes, qui n'ont pas été rendus publics, ont déjà permis d'avancer et de fixer un cadre. Chaque ENACT a réfléchi sur son avenir en fonction de son positionnement, de ses acquis et de ses relations avec les délégations régionales. Ce n'est pas parce que nous n'en parlons pas que rien n'a été fait. En tant que nouveau directeur général du CNFPT, le futur positionnement des ENACT est la priorité des priorités. Je me suis donné le mois de septembre pour arriver à une organisation intelligente de la complémentarité de l'offre de formation entre les ENACT et les délégations. Il faut évidemment prendre en compte que, s'il n'y a plus de formation initiale, il reste les formations d'intégration et de professionnalisation des agents : les ENACT ne seront donc pas à « zéro production ». D'autre part, elles peuvent s'emparer de nombreux autres sujets qu'elles n'avaient pas le temps de traiter auparavant : il faudra par exemple revaloriser les pôles de compétence qui étaient insuffisamment pourvus en personnels et en moyens... L'idée générale est qu'il faudra davantage spécialiser les ENACT : sur le champ du social, qui est en pleine expansion, pour l'une, sur les métiers culturels ou techniques pour d'autres... La formation initiale, par son volume et sa durée, nous interdisait cette spécialisation, on pourra désormais renforcer des offres ciblées pour que les ENACT deviennent des centres de ressources régionaux, voire nationaux. La formation interne au CFNPT permettra évidemment l'adaptation des cadres des ENACT à leurs nouveaux métiers. Le CNFPT dispose d'une ressource humaine de qualité, prête à s'adapter. Ce n'est pas la première fois que la formation évolue !!!
Ce sont des nominations définitives. On est intérimaire quand on est nommé temporairement sur un poste vacant en attendant qu'il soit définitivement pourvu : ce n'est pas le cas. M. Bertrand à l'INET et moi au CNFPT sommes sur des postes pleins, même si leur durée est moins garantie que d'autres. Mais c'est l'essence de l'emploi fonctionnel !!!
Tout d'abord, ce n'est pas une première au CNFPT... Ensuite, le président a préféré raccourcir les procédures de recrutement et s'assurer d'avoir des candidats rapidement opérationnels. La nomination aux emplois fonctionnels est la prérogative du président du CNFPT.