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Les chances de la crise

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Repères

Le plus important aujourd'hui, c'est de tirer les leçons de la crise. D'abord pour ne pas continuer à faire ce qui nous a conduits dans le mur. Mais surtout pour prendre dès maintenant les bons wagons, ceux de la « reliance », qui nous permettront de construire les solidarités renforcées donc nous avons besoin.

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La Lettre du Cadre Territorial numéro 385 (1er septembre 2009)

Un article de M Hervé Sérieyx


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Hervé Serieyx  est un fin connaisseur du monde du travail, partageant sa vie entre le Québec et la France. Aujourd'hui consultant, il a été dirigeant de grandes et moyennes entreprises et délégué interministériel à l'insertion des jeunes.  Il vient de publier « Confiance, mode d'emploi - comment restaurer la confiance ? » aux éditions Maxima.


Dans son acception occidentale, le mot « crise » peut être trompeur : il nous laisse croire que nous serions en train de vivre un simple trou d'air et que ­demain nous pourrions retrouver nos chemins d'hier, pour y poursuivre nos vies et nos pratiques d'avant. Mais si notre seule ­espérance, c'est le statu quo ante, nous ­devons savoir qu'en continuant à faire ce que nous avons toujours fait, nous sommes assurés d'avoir ce que nous avons toujours eu : donc la prochaine crise est dorénavant certaine et sera encore plus catastrophique.


D'heureux virages

Heureusement, se multiplient aujourd'hui des « signaux faibles » positifs, des faits porteurs d'avenir qui, si nous œuvrons pour ­favoriser leur émergence et leur généralisation, peuvent amorcer autant d'heureux ­virages vers une société plus passionnante, à la fois plus ouverte, plus riche de potentialités pour chacun et plus humaine. De nombreuses nouvelles pratiques (ou le retour en grâce de pratiques dont nous avions mésestimé l'efficacité sociétale) ­annoncent une société plus solidaire : on peut citer, parmi mille autres exemples, le dynamisme nouveau des missions locales (l'accompagnement global des jeunes vers l'insertion), la multiplication des groupements d'employeurs (la mutualisation d'emplois entre PME d'un même bassin d'emploi), l'essor considérable du microcrédit, de l'auto- entrepreneuriat en réseau et des emplois d'aide à la personne (l'accroissement ­rapide de création d'emplois locaux), la vogue des « écoles de la citoyenneté » dans les quartiers défavorisés (l'éveil de comportements responsables), le développement de nouvelles formes de consommation économe favorisées par la démocratisation d'internet (le covoiturage, les échanges directs de biens et de services...), le retour en force de diverses applications du mutualisme (la mise en commun de ressources, d'emplois, de contacts...).


Lutter contre la « déliaison »

Toutes ces approches ont en commun de favoriser un appétit de « reliance » en vue de lutter contre la « déliaison » ambiante et de « jeter le jetable », pour reprendre les mots d'Edgar Morin, de « retrouver le sens et la force du nous au royaume morcelé du moi-je » selon l'expression de Régis Debray, et surtout d'aider la société à découvrir que les ­outils qu'elle a inventés peuvent lui permettre d'accroître considérablement, via des solidarités fortifiées, son Bonheur National Brut. « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve » écrivait le poète allemand Hölderlin. À nous de faire en sorte que ces innovations ­modestes mais concrètes, en se généralisant, fertilisent nos pratiques collectives et permettent à notre société d'évoluer vers des relations plus humaines et donc un monde plus vivable.


podcast

Retrouvez le podcast de l'interview de Hervé Serieyx : « Manager la confiance »,


 

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