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IdéesConfrontées aux mêmes enjeux de solidarité et de compétitivité et aux mêmes contraintes liées à la décentralisation et à la mondialisation, les métropoles peinent à affirmer leur identité et leur légitimité. La Lettre du Cadre Territorial numéro 386 (15 septembre 2009) |
Un article de M Julien Damon
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Les métropoles et leur gestion sont à l'ordre du jour, depuis des années... Christian Lefèvre, sans entrer inutilement dans l'exégèse savante des différents termes qui peuvent la désigner (métapole, agglomération, ville-région, etc.), s'intéresse à l'échelle métropolitaine et à ses modalités de gouvernement.
« Lieux où se posent les grands enjeux », les métropoles se trouvent face aux grands problèmes contemporains : dégradation environnementale, pauvreté, soucis du lien social. Les gouverner, c'est non seulement coordonner et négocier, c'est surtout tenter de répondre concrètement à ces problèmes.
Mais les métropoles se trouvent dans une position d'équilibre instable. Elles vivent l'accélération de la mondialisation et la lenteur d'une décentralisation inachevée. La décentralisation renforce les collectivités locales historiques, les communes, qui s'opposent de fait à l'affirmation métropolitaine.
Le grand paradoxe métropolitain est de voir ces entités toujours davantage consacrées comme des espaces « pertinents » tout en demeurant politiquement et institutionnellement négligeables. État et collectivités locales parlent de métropoles mais ne souhaitent pas véritablement leur avènement. Les État ne veulent pas favoriser l'assise des métropoles qui pourraient devenir des contre-pouvoirs trop puissants. Les villes - donc les élus locaux - se méfient également d'une limitation de leur pouvoir.
Ce court et vif essai, synthétisant une littérature dense de science politique, est intéressant au moins à un double titre. Il revient tout d'abord à raison sur la thématique de la gouvernance (qui signifierait une hybridation croissante entre le privé et le public). En réalité il y a des discours de gouvernance mais les politiques urbaines relèvent toujours essentiellement du secteur public et du pouvoir politique. Il nous fait ensuite utilement quitter la France pour un panorama international des situations. Partout on note de l'effervescence au sujet des métropoles. Mais les réalisations sont, dans la plupart des cas, balbutiantes.
Le débat institutionnel porte partout sur la permanence de territoires institutionnels en décalage avec des territoires fonctionnels. Il y a là réactualisation de la coupure classiquement établie par le réactionnaire Charles Maurras, dans une formule célèbre, entre le pays légal et le pays réel. Classiquement également, les économistes se séparent entre les réformateurs qui souhaitent voir les communes avalées par de nouvelles autorités adaptées (on parle d'effet Gargantua) et les tenants de l'école du choix public, qui voient dans la diversité locale un véritable marché à préserver pour des habitants qui, votant avec leurs pieds, font des choix résidentiels en fonction de leurs intérêts et des offres locales différenciées.
Sur ces questions dites de pertinence territoriale, la France se distingue par le foisonnement de l'intercommunalité, mais par l'absence totale de supracommunalité. À travers le monde, le système est néanmoins le même : un État toujours à la commande et des collectivités locales à la man½uvre. Dans ce contexte, de New York à Paris, en passant par Londres ou Milan, la tendance, selon Lefèvre, est plus au morcellement inframétropolitain qu'au renforcement.
« Gouverner les métropoles » Christian Lefèvre, Paris, LGDJ/Dexia, coll. « politiques locales », 2009, 115 pages.