243 pages ; Nil Pocket ; Septembre 2010
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Publié sous le titre initial de A year in the merde, cet ouvrage devenu un best-seller au Royaume-Uni, s'articule d'une série de commandements destinés à expliquer aux ressortissants britanniques comment survivre en France. Pour l'auteur, la France est un pays où il fait bon vivre mais vivre dans l'Hexagone est d'abord un art qui se travaille, ce que nombre de Français eux-mêmes ne parviennent jamais à faire, ce qui explique le caractère geignard de bon nombre de nos compatriotes. |
Stephen Clarke est un journaliste et écrivain britannique qui travaille en France.
Parmi ses ouvrages, God save la France en 2004, God save les Françaises en 2005, 1 000 Years of annoying the French
Le Britannique croit avoir inventé la civilisation occidentale et l'Américain est convaincu quant à lui vivre dans le seul endroit au monde où l'on est libre. Le Français estime lui avoir toujours raison tout en étant persuadé que le monde entier s'est ligué contre son pays pour lui donner tort. Mais, estime l'auteur, si le Français est si arrogant, c'est qu'il n'est pas sûr de lui.
Les Français ont aussi un don pervers pour inventer des choses que le monde entier ne veut pas utiliser : le Minitel en est un exemple frappant comme la pétanque ou la DS Citroën...
L'outil de prédilection du Français est la question rhétorique c'est-à-dire une question à laquelle votre interlocuteur n'est pas censé répondre car il va y répondre lui-même ce qui lui permettra de démontrer qu'il a toujours raison. L'exemple le plus significatif est l'enseignement donné par des professeurs pontifiants à Science Po qui s'écoutent au lieu d'écouter.
Les explications de ce phénomène seraient selon l'auteur à chercher dans la Révolution de 1789 qui s'est efforcée d'uniformiser le pays.
Le Français a aussi du mal à comprendre que sa langue maternelle ne soit pas universelle. Paradoxalement, il dénigre l'anglais mais recourt en permanence aux anglicismes tout en vouant une dévotion à la grammaire et à l'orthographe française. Autre curiosité bien française, l'emploi du « tu » et de « vous ».
Stephen Clarke rappelle ce commandement important en France : «Tu ne travailleras point ».
La France détient en effet le record mondial des jours fériés, du nombre de jours de congés sans compter l'invention de la semaine des « 35 heures » et des jours « ARTT ».
Le Français est aussi champion dans l'art de la réunion, mais le problème est que les réunions en France ne sont pas faites pour prendre des décisions. La France est aussi le pays de grèves (dont on ne comprend pas toujours les ressorts), des fonctionnaires (innombrables) et des énarques (qui croient savoir tout sur tout).
Dans le travail, être en retard est une façon de montrer comment on sort de l'ordinaire. Le mot français pour « date limite » est d'ailleurs « délai ».
La France est aussi le pays de la nourriture avec ses lois et rituels culinaires. C'est d'ailleurs pour l'auteur l'un des éléments d'explication de l'attachement des Français à la politique agricole commune. Paradoxalement, c'est aussi le pays où vous êtes le plus mal traité par ce que l'on appelle pompeusement « l'industrie des services ». L'expression « le client est roi » est en effet un non-sens.
Mais la France est surtout le pays qui a le système de Sécurité sociale le plus généreux au monde « ce qui encouragerait les Français à être plus souvent malades que faire se peut ». On y observe une dépendance nationale aux médicaments dont seules les pharmacies ont le monopole de la vente.
L'auteur estime que « la culture française est en rade » :
Elle souffrirait en effet d'un phénomène de nombrilisme. Au nom d'une soi-disant exception culturelle française, on diffuse ou on édite n'importe quoi : la production cinématographique est par exemple « administrée » via le Centre national du cinéma ce qui la rend trop prévisible et par voie de conséquence fade.
La plus grande contribution de la philosophie française à la pensée universelle est l'existentialisme qui consiste essentiellement en une justification intellectuelle de la négation de l'importance des autres.
Autre syndrome très français : le goût du secret qui atteint son paroxysme dès lors que sont abordées les questions d'argent.
Le Français est fier d'être individualiste. Cette caractéristique est renforcée par un système scolaire et universitaire qui offre trop d'options et n'uniformise pas assez. Il croit aussi que les files d'attente ont été inventées pour les gens qui ont du temps à perdre. Et que dire de la conduite des Français au volant, de leur absence de respect pour les piétons ?
Le Français a le génie d'être à la fois poli et offensant. Il vous bouscule volontairement en demandant pardon. Il dispose d'un large éventail de mots et de gestes de politesse mais qui lui sert surtout de façade.
Les Anglais se moquent beaucoup des Français mais en réalité, ils les aiment beaucoup car ils envient finalement leur arrogance, leur caractère « vieux jeu » et leur hypocrisie. En revanche, ils ne l'avoueront jamais car ce serait renier 1 000 ans de chicaneries.