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IdéesFrançois Ascher (1946-2009) a élaboré une oeuvre originale et importante sur la société et les villes contemporaines. Ses travaux nourrissent les discussions académiques, mais surtout les débats concrets sur l'avenir des territoires. Un recueil de ses derniers écrits procure une synthèse de ses analyses et suggestions. La Lettre du Cadre Territorial numéro 402 (1er juin 2010) |
Un article de M Julien Damon
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L'âge des métapoles,
François Ascher,
La Tour-d'Aigues, Éditions de l'Aube, 2009.
François Ascher (1946-2009) a élaboré une ½uvre originale et importante sur la société et les villes contemporaines. Ses travaux nourrissent les discussions académiques, mais surtout les débats concrets sur l'avenir des territoires. Un recueil de ses derniers écrits procure une synthèse de ses analyses et suggestions.
Posthume, ce volume signé François Ascher, rassemble une série de textes réunis en dix chapitres. L'ensemble rend bien compte de l'½uvre du Grand prix de l'urbanisme 2009 (qu'il avait reçu juste avant de disparaître). De la sociologie du micro-onde au commentaire des tableaux de données INSEE, Ascher porte un regard rigoureux et sympathique sur notre environnement. Ces travaux de l'auteur d'un original Mangeur hypermoderne (2005) composent une somme très digeste, à consommer avec appétit.
Éloigné des querelles disciplinaires, François Ascher, issu de l'économie marxiste, était un observateur libre de la ville et la société qu'il aimait dire « hypermodernes ». Il faut entendre par ce préfixe non pas nécessairement de l'excès, mais une caractérisation à N dimensions. Amateur de métaphores numériques, il décrit une société « hypertexte » qui permet de cliquer (on peut aussi dire zapper ou switcher) des appartenances multiples, toujours davantage différenciées en termes de comportements et de consommations.
François Ascher s'est principalement penché, notamment dans sa pièce majeure Métapolis (1995), sur la métropolisation, cette dynamique de concentration des richesses matérielles et humaines qui met fin à la distinction entre ville et campagne. En effet, nous nous comportons et sommes tous connectés comme des urbains. Soucieux de représentation démocratique, Ascher appelait à dépasser cette « démocratie du sommeil » dont parle un autre spécialiste des questions urbaines, Jean Viard. Cette expression désigne les décalages entre les territoires où nous dormons (et votons), ceux où nous travaillons et ceux où nous nous divertissons.
Intéressé par les classes moyennes et la classe dite créative, Ascher analysait les diverses expériences urbaines. Nous voulons tous pouvoir choisir. Le règne du triptyque « où je veux », « quand je veux », « comme je veux » amène à revoir les transports, en particulier autour de « centrales de mobilité », comme les gares, espaces intermodaux d'échanges.
Contre les tenants d'un catastrophisme noir, ce technophile féru de TIC, a été parmi les premiers à souligner qu'internet accompagnerait un renforcement des contacts plutôt qu'un délitement du lien social.
Jugeant l'organisation locale obsolète, il plaidait pour la suppression des départements, l'interdiction du cumul des mandats et l'élection au suffrage universel des représentants à l'échelle des agglomérations. Au sujet du Grand Paris, sa faveur allait à une organisation en pétales (en marguerite, dit-on parfois), avec un centre et une deuxième couronne coexistant plus harmonieusement. Bien des pièces aux débats donc.