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La géopolitique - Sophie Chautard (01/04/2007)

Studyrama, 2e trimestre 2007, 155 pages.

Sophie Chautard est professeur d’histoire au CELSA. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages et notamment : Guerres et conflits du XXe siècle, Les dictateurs du XXesiècle, La guerre froide…

L’ouvrage est un essai d’explication de la géopolitique qui est définie comme une discipline portant sur l’étude des relations entre l’espace et le politique, entre le territoire et l’individu. La géopolitique permet d’analyser et d’expli - quer notre époque et d’apporter un éclairage sur le « nouvel ordre mondial ». La géopolitique se fonde surtout sur la géographie et vise à nous permettre d’analyser notre temps pour préparer l’avenir.

Il est difficile de donner une définition précise de la géopolitique qui, bien que rattachée aux sciences humaines, ne peut être considérée comme une science. La géopolitique dépend en effet de la combinaison de nombreux facteurs : économiques, politiques, militaires, idéologiques, religieux… qui sont à chaque fois différents. Elle vise à étudier les multiples influences (à la fois de la géographie, de la culture, de la société et de l’économie) qui orientent le comportement d’une nation et le type de relation que cette dernière entretient avec les autres pays. La multiplication des acteurs mondiaux avec la décolonisation puis avec la disparition de l’Union soviétique nécessite aujourd’hui de comprendre le comportement des peuples et par voie de conséquence des États pour prévenir les conflits et mener des projets communs comme la protection de l’environnement.

La géopolitique repose en fait sur cinq données fondamentales :

- la conflictualité qui correspond à la lutte pour la détention de ressources (le pétrole, l’eau par exemple), d’espaces (la mer, les routes) et la domination idéologique ou ethnique pour assurer la suprématie d’une communauté sur une autre ;

- l’espace qui comprend « la territorialité classique » (les surfaces terrestres, maritimes, aériennes) mais aussi la territorialité spatiale (l’espace) et « l’espace virtuel » (les échanges transnationaux de marchandises, de capitaux, d’informations ; les acteurs transnationaux avec les organisations internationales) ;

- la frontière qui est la limite territoriale, politique, juridique des états qu’elle soit naturelle ou pas ;

- l’impérialité qui correspond à la domination d’un État sur des populations d’origines diverses dans un ensemble territorial qui peut être continu ou discontinu ;

- la mondialité qui renvoie aux puissances capables de dominer la majorité des lieux stratégiques. Seuls, les États-Unis en sont capables aujourd’hui.

Le territoire reste cependant une donnée indispensable à la survie des populations et constitue par voie de conséquence un enjeu stratégique majeur. Il doit donc faire l’objet d’une gestion pour se protéger des agressions potentielles de l’extérieur mais aussi pour consolider et développer le pays ce qui pose plusieurs problèmes : définition des frontières, du régime politique, gestion des nationalismes… Va-t-on cependant aujourd’hui vers une certaine forme de dilution des frontières qui deviennent de plus en plus virtuelles avec la mondialisation ?
La logique d’extension territoriale qui consiste pour un pays à annexer d’autres territoires, correspond à une donnée constante de la géopolitique qui a pu être qualifiée d’impérialisme.
Les empires ont d’ailleurs tous pour point commun d’avoir été établis par la force.
Mais chaque empire n’a connu qu’une période provisoire et on peut se demander quel sera à court terme, l’avenir de l’empire américain face aux nouvelles menaces.

Assistera-t-on aussi à un renouveau du panisme qui consiste à regrouper sous une même autorité des nations en s’appuyant sur la langue, la religion, l’idéolo - gie et qui s’est décliné dans le passé en panarabisme, pangermanisme, panislamisme, panslavisme, panafricanisme, panasiatisme… Tous ces panismes se sont développés au XIXe siècle (sauf le panafricanisme) et ont servi de fil conducteur aux tentatives d’affirmation identitaire voire de nationalisme dominateur.

Enfin, pour l’auteur, si la religion apparaît essentiellement aujourd’hui comme la source de la plupart des conflits, elle n’est en fait qu’un facteur parmi d’autres, un instrument identitaire utilisé à d’autres fins car elle est un formidable vecteur de manipulation des foules.

Pascal Joly

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