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Comment préserver la biodiversité dans les projets de construction ou d'aménagement ?

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L'État, les collectivités territoriales (commune, département, région) et leurs établissements publics ont engagé des actions volontaristes dans le domaine de l'environnement et du développement durable. Le sommet de la terre qui s'est tenu à Rio en 1992 sous l'égide de l'ONU, s'est conclu par la signature d'une convention mondiale sur la biodiversité afin de rendre prioritaires la protection et la restauration de la diversité du vivant, considérée comme une des ressources vitales du développement durable.  

I) Mais que recouvre la notion de « diversité » ?

Il importe dès lors de définir ce que recouvre cette notion si souvent invoquée, afin de comprendre pourquoi il convient de la préserver.   La biodiversité, au sens étymologique du terme, signifie « diversité du vivant », c'est-à-dire tous les processus, les modes de vie ou les fonctions qui conduisent à maintenir un organisme à l'état de vie. Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces, des populations et celle des gènes dans l'espace et dans le temps, ainsi que l'organisation et la répartition des écosystèmes aux échelles biogéographiques. On parle également de biodiversité biologique lorsqu'on veut évoquer l'éventail des modes de vie (des fonctions) d'un ou de plusieurs organismes, de diversité spécifique ou diversité floristique lorsqu'on veut débattre de la diversification des espèces végétales, de diversité génétique lorsqu'on évoque la variabilité et l'étendue des différents gènes, la diversité fonctionnelle pour définir les fonctions clefs assurées par un groupe d'espèces...  

Toute région possède des espèces qui lui sont propres. Ces dernières sont appelées espèces endémiques, c'est-à-dire limitées à une certaine zone.  

Enfin, la biodiversité recouvre une autre dimension : celle d'être la ressource fondamentale pour la continuité de la vie. Elle fournit oxygène, nourriture aux espèces vivantes (cultures vivrières, bétail, poissons...) ; elle contribue à l'épuration et au cycle de l'eau, ainsi qu'aux grands cycles biogéochimiques et à la régulation climatique. Elle fournit des fibres pour l'habillement des hommes, de la bioénergie pour leur chauffage, leurs constructions d'habitations, la papeterie. Elle produit ou inspire les médicaments.  

II) Pourquoi la question de la préservation de la biodiversité doit se poser lors des travaux publics et des opérations d'aménagement ?

L'homme et son activité ont contribué, et contribuent toujours, à une importante réduction de la biodiversité. Le constat de la diminution des populations animales et végétales, l'extinction ou la raréfaction de certaines espèces et la simplification des écosystèmes en sont les preuves. Le développement excessif de l'urbanisation menace des territoires vitaux pour la biodiversité, mettant en péril l'existence de nombreuses espèces animales et végétales.  

Il convenait donc de légiférer pour que soit pris en compte dans le droit français la notion de biodiversité. Promulguée le 12 juillet 2010, la loi portant engagement national pour l'environnement, dit « Grenelle 2 », prévoit de nombreuses dispositions concernant la biodiversité, essentiellement via la mise en place d'une trame verte et bleue nationale. Un décret d'application doit prochainement définir une instance de gouvernance et de pilotage de la biodiversité, devant « contribuer à définir les objectifs à atteindre dans ce domaine et les programmes d'actions ».  

III) Comment limiter les impacts des travaux publics et des opérations d'aménagement sur la biodiversité ?

Quels principes de conception ou de réalisation peuvent être mis en oeuvre pour préserver la biodiversité lors des travaux?  

- Le Principe d'étude des impacts et d'observation de la biodiversité avant réalisation d'un projet :

La « stratégie nationale pour la biodiversité » a en 2004 défini quatre priorités : caractérisation et évaluation (qualitative et quantitative) de la biodiversité ; étude de sa dynamique, modélisation des évolutions possibles ; évaluation des impacts de ses changements ; pratiques de gestion « restauratoire » et durable y compris dans et par les entreprises (avec par exemple un guide sur la prise en compte de la biodiversité dans les stratégies des entreprises).  

Ainsi, l'action en faveur de la biodiversité débute dès la phase de conception, voire avant celle-ci. En effet, une bonne connaissance des écosystèmes présents dans l'environnement d'un chantier permet d'épargner ceux-ci, ou, à défaut, d'effectuer les opérations de restauration nécessaires.  

- Le principe de la compensation

Il s'agit de promouvoir l'application du principe « Pas de perte nette » qui consiste à compenser les impacts résiduels de l'aménagement qui n'ont pu être ni évités, ni réduits par la mise en oeuvre de compensations. Ce principe consiste à réaliser des opérations écologiques, créer des réserves d'actifs naturels générant du crédit biodiversité susceptible d'être reconnu comme mesures compensatoires de projets d'aménagement du territoire (exemple : plantation d'arbres ou création de zones humides en compensation).  

IV) Travailler avec la nature

Les opérations d'aménagement et les chantiers de travaux publics intègrent désormais des actions spécifiques dédiées à la protection ou la restauration de la biodiversité.
Il s'agit par exemple de :  

l'aménagement de passages pour la faune ; la préservation de prairies, tourbières ou zones humides ; le déplacement ou la restitution des mares ou plans d'eau ; la reconstitution d'habitats naturels ; la capture et la réintroduction d'animaux ; la création d'écrans végétaux ou de merlons paysagers ; la lutte contre les pollutions lumineuses ; le maintien de la continuité des écosystèmes par la création de corridors biologiques ou faunistiques ; l'utilisation de matériaux recyclés/biologiques et/ou durables issus d'une exploitation raisonnée.

Défendre la biodiversité, c'est aussi lutter contre les espèces invasives menaçant l'écosystème local : c'est le cas de l'ambroisie, plante originaire d'Amérique, qui prolifère aujourd'hui sous nos latitudes. Son exceptionnelle résistance pose problème : le désherbage chimique est à éviter, mais l'arrachage serait trop coûteux. Une végétalisation préalable des sites, avec des espèces susceptibles de repousser l'envahisseur, constitue donc la solution.  

À travers ces expériences, c'est une nouvelle ingénierie environnementale au service des travaux publics qui s'esquisse.  

Laurent Martin  

En savoir plus   

http://www.bonnes-pratiques-tp.com/

http://www.developpement-durable.gouv.fr/-La-biodiversite,4247-.html

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