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Oral concours fonction publique : Comment bien s’entraîner pour la présentation de votre parcours professionnel ?
décembre 2025
Sûr des futurs bons résultats des épreuves écrites du concours, vous commencez à réfléchir à l’épreuve d’entretien avec le jury et notamment, la présentation de votre parcours. Félicitations car c’est exactement avec cet état d’esprit, positif et gagnant, que vous mettez toutes les chances de votre côté pour réussir. Cela étant… comment bien vous entraîner ? Lisez ces 10 conseils et astuces !
Par où commencer … ?
1. A quoi sert la présentation de parcours lors de l’épreuve d’entretien avec le jury ?
Petit rappel avant d’aller plus loin … l’épreuve de l’entretien avec le jury souvent présente dans les concours administratifs ou techniques de catégorie A ou B, dure généralement 20 minutes avec pour point de départ un exposé de 5 minutes (au plus) de votre part sur votre parcours professionnel (concours externe) ou sur votre expérience professionnelle (concours interne, 3e concours) et dans tous les cas, de votre motivation.
La présentation de votre parcours vise : « à apprécier, le cas échéant sous forme d'une mise en situation professionnelle, les connaissances administratives générales du candidat et sa capacité à les exploiter, sa motivation et son aptitude à exercer les missions dévolues au cadre d'emplois…(ex. d’attaché territorial) » (cf. note de cadrage CDG31 2022).
« Avec mise en situation professionnelle », qu’est-ce cela veut dire ? L’épreuve d’entretien avec le jury n’a pas été créée pour distribuer des bonnes ou des mauvaises notes ou encore des bons points.
L’exposé - et les questions qui vont suivre durant cette épreuve - ont pour objectifs de démontrer combien vous méritez ce concours, et combien vous êtes un professionnel, qui va savoir transformer l’entretien en discussion professionnelle.
La note est juste un moyen pour vous départager avec les autres candidats.
2. Que juge le jury durant la présentation ?
Le jury va juger de vos qualités à occuper, par exemple, pour les concours de catégorie A, un poste stratégique, à responsabilités (ex. responsable des finances, des affaires juridiques et du contentieux, juriste-expert, acheteur public, responsable du pôle services à la population, chargé de projet en développement numérique,…), nécessitant des prises de position claires, tant dans l’expertise, dans la gestion d’une équipe, que dans la relation à l’élu.
Autrement dit, l’épreuve vise à sélectionner les meilleurs managers et experts territoriaux qui, face aux défis et enjeux croissants des politiques publiques, sauront :
- prendre des responsabilités, se montrer stratégiques ;
- co-définir les priorités avec les élus ;
- trouver un bon équilibre entre une posture d’expert, de manager et de leader ;
- mettre en place et suivre des objectifs collectifs et individuels ;
- accompagner le changement en fédérant les équipes ;
- bien communiquer auprès de leur équipe ;
- comment réagir à des situations particulières (urgence, conflit,...).
Ayez en tête que les membres attendent des futurs fonctionnaires qui ne se contenteront pas d’assurer correctement l’exécution de leurs missions, ou la gestion des activités de leur service. En tant que bons fonctionnaires, vous devrez savoir également accompagner les grandes transitions (vers une promotion de la démocratie locale ; dans le cadre de la transition écologique, productive ou encore démographique,…) ; être en capacité de conduire ou d’accompagner le changement, d’organiser ou de participer aux réflexions permettant de susciter le développement ou l’adaptation des missions, d’innover (ex. piloter une démarche d’innovation territoriale), posséder une aisance relationnelle, un sens de la négociation, de développer puis d’entretenir un réseau de partenaires, une capacité de dialogue pour les managers, mais également, quel que soit votre catégorie (A, B ou C) de véhiculer une image positive de la collectivité.
Votre programme de préparation doit donc vous conduire dès le départ à appréhender ces attendus et à les inclure dans votre présentation.
Avant de vous entrainer, il vous faut bien vous préparer…
3. A partir de quand devez-vous réfléchir à la préparation de votre exposé ?
Concrètement, commencez à réfléchir à votre parcours, votre expérience, à vos objectifs professionnels au plus tôt dans votre préparation du concours. Le faire à ce stade, vous permettra de dégager le fil conducteur de votre parcours professionnel et de vous projeter.
Pensez à préparer consciencieusement votre exposé. Exit une simple chronologie détaillée de votre parcours. Ce choix vous permettrait au mieux de décrocher une note entre 9 et 11/20 mais certainement pas à figurer sur la prochaine liste d’aptitude.
4. Qu’avez-vous intérêt à indiquer dans votre présentation ?
Si vous voulez atteindre une note supérieure, concevez une présentation avec des grandes phases, des compétences, des qualités clés.
Votre présentation doit être claire, bien pensée, structurée de manière tout d’abord, à mettre en valeur votre expérience / votre parcours, ensuite, à démontrer votre capacité d’analyse et de synthèse et, enfin, mais surtout, ce qui vous démarque des autres candidats.
Sachez montrer la cohérence et le sens de votre parcours. Vous devez être capable de justifier le choix de vos études et du concours auquel vous vous présentez. Les changements d’orientation peuvent être parfaitement compris par les membres du jury s’ils sont correctement expliqués et justifiés. Il est par exemple, tout à fait envisageable de souligner que vous vous destiniez à des études en psychologie ou en archéologie mais qu’une rencontre vous a fait vous intéresser à tel secteur d’activité et que vous avez décidé de changer d’orientation. Ce qu’il faut, c’est que vous soyez convaincu de vos choix au moment où vous les effectuez.
Ensuite, pour donner plus de poids à votre présentation, enrichissez votre présentation de différents verbes, adjectifs ou mots-clés. Par exemple, si vous avez une expérience de secrétariat, vous pourriez retenir : pour les verbes : accueillir le public, recevoir et passer des appels téléphoniques, taper et relire le courrier… ; pour les adjectifs : je suis organisé(e), je suis autonome dans mon travail…
Votre présentation doit enfin, souligner que vous êtes l’acteur de votre parcours professionnel, que vous avez fait preuve d’initiative et que votre carrière est la traduction de vos choix. Par conséquent, au lieu de dire : «?On m’a proposé telle mission, je l’ai acceptée?», affirmez plutôt :?«?J’ai eu l’opportunité de…, c’était un défi intéressant à relever, par conséquent…?».
5. Comment définir un projet qui va pouvoir accrocher l’attention du jury ?
Il faut bien avouer qu’avoir un projet professionnel précis, une fois le concours en poche au moment de l’oral n’est pas toujours évident. Si vous êtes dans ce cas, donnez au moins des pistes, une direction au jury (ex. « Je me vois bien travailler pour les ressources humaines parce que la formation et le développement personnel m’intéressent »). Cela va fournir un enjeu à votre exposé et le jury va pouvoir engager avec vous un échange constructif.
Vous avez un objectif clair (ex. « Mon projet est de travailler pour les ressources humaines d’une intercommunalité ; devenir chargé de communication au sein d’une région ») mais vous hésitez à le dire par peur de vous enfermer dans un poste ? Soyez confiant, ayez le courage de votre projet. Ne restez pas dans des généralités. Vous gagnerez des points en annonçant un projet abouti et ambitieux : « Mon projet professionnel est de démarrer sur tels types de fonctions… ». Peut-être que le jury viendra alors vous interroger à ce sujet (ex. « Pensez vous avoir les qualités pour… ? ») et vous aurez alors à argumenter. Soyez certain que s’il vous pose ces questions c’est bon signe. Vous l’avez intéressé.
6. Comment anticiper la difficile question de la motivation ?
Durant votre exposé, le jury vous attend (aussi) sur la question de la motivation. Cela peut paraître évident, mais le jury ne cherche pas des candidats ayant pour seule perspective d’accéder à un poste à durée indéterminée, pour ne pas dire « la sécurité de l’emploi ». Oubliez également les arguments « passe partout » (ex. les perspectives de carrière), les envolées lyriques sans exemple. Vous perdriez des points. Interrogez-vous sur votre motivation réelle, cherchez d’autres motivations, plus personnelles. Par exemple : « J’ai eu l’opportunité de rencontrer… de découvrir…cela m’a donné envie de… ».
L’appréciation de la motivation résultera de votre capacité à convaincre le jury, tant par vos réponses, votre intérêt pour le monde qui vous entoure (veille technique, administrative, réglementaire), que par votre positionnement, votre dynamisme, tout au long de l’épreuve. Soignez chacun de ces temps.
Et maintenant l’entrainement peut commencer…
7. Quels sont les entrainements qui vous feront gagner des points ?
Maintenant que votre présentation est calée, préparez-vous en temps réel. Il est important de connaître l’authenticité de l’épreuve pour ne pas être surpris ou décontenancé le jour J.
Les conditions matérielles ce jour-là seront - le plus souvent - rudimentaires et toujours moins confortables que celles que vous pourriez avoir à la maison : néanmoins, gardez à l’esprit que ces conditions sont les mêmes pour tous les candidats.
Vous pouvez le faire :
- en vous enregistrant, avec ou sans webcam, pour observer votre comportement, révélateur de votre personnalité ;
- en faisant appel à un « coach » qui pourra être un ami, un collègue, ou encore, un professionnel avec qui vous vous sentirez rapidement en confiance ;
- en suivant une formation en communication orale. Des organismes comme Carrières publiques proposent également des simulations d’oral.
8. A quoi être particulièrement attentif pendant vos entraînements ?
Tout au long de votre préparation pensez bien sûr au fond, mais veillez également à la forme de votre oral : Votre plan de votre présentation doit être comme votre exposé…clair ! Le jury doit pouvoir voir les enchainements, le squelette de votre parcours, de votre projet, de votre motivation.
Ensuite, surveillez le ton de votre présentation pour ne pas être monotone. En tant que jury, il n’y a rien de pire que d’entendre un parcours professionnel récité comme une poésie de cours élémentaire. Si vous ne variez jamais le débit avec lequel vous parlez, vous allez soit irriter votre auditoire, soit l’anesthésier. Votre discours doit être vivant. Employez des phrases courtes et rebondissez sur les mots, ou appuyez longuement sur certaines syllabes pour insister sur l’importance de ce que vous dites. Une fois que l’on a capté l’attention du public, on peut obliger le jury à tendre l’oreille pour une anecdote intéressante.
Veillez à bien articuler, travaillez la diction au besoin. Aussi même quand vous vous entrainez seul, faites-le à voix haute. Marquez bien par l’intonation de votre voix, les temps forts de votre expérience.
Durant toute l’épreuve, il est essentiel que vous restiez concentré. 70 % de la communication orale est para-verbale. Elle comprend le regard, les mimiques faciales, ainsi que la gestuelle. Faites parler votre corps, mais ne lui faites pas dire n’importe quoi ! Pour éviter de commettre cette erreur, prenez soin quand vous visionnez vos entrainements de vérifier que vous êtes dans une posture d’échange et d’ouverture. Votre gestuelle, votre posture sont assez significatives de votre endurance. Aussi, efforcez-vous de rester droit sans être tendu.
A chaque entrainement avec un « humain » que ce soit votre coach, votre conjoint ou un ami, soyez à l’écoute des conseils qui vous seront donnés au moment du débriefing. Cherchez non pas à vous justifier mais à vous améliorer : vers une expression claire et de qualité, une écoute active, une bonne gestion de l’interactivité…
9. Entraînez-vous à susciter le dialogue avec le jury
Le jour J, vous aurez 5 minutes pour valoriser, au service d’un projet professionnel, vos qualités, les compétences que vous avez acquises. Le jury s’attachera plus à votre manière de présenter votre parcours qu’au fond. A vous, de dégager une bonne confiance en vous. Restez naturel et spontané. Adopter un comportement trop lisse, neutre, serait une erreur. N’ayez pas non plus un débit de parole trop rapide. Le jury passerait vite à un autre candidat et ne vous remarquerait pas positivement.
Sachez que le jury apprécie un candidat capable de nouer le dialogue avec lui. Votre présentation doit donner envie au jury de vous connaître. Lorsque viendra le moment des questions, soyez en capacité de donner, non une position officielle mais, votre opinion personnelle, dès lors qu’elle sera étayée et que, dans votre raisonnement, elle sera nuancée. A une question impliquant une prise de position de votre part par exemple, il n’existe pas une unique « bonne réponse ». Il est indispensable de faire allusion aux arguments contraires en les mettant en perspective (ex. « ce qui semble en contradiction avec…» ou « mais d’autres soutiennent que… »).
Le jour J …
10. Être bien préparé, c’est aussi être capable de s’adapter aux desiderata des membres du jury lors de la présentation !
Enfin, vous devez être capable de vous adapter à la demande du jury. En effet, vous pouvez aussi bien devoir présenter votre expérience professionnelle en trois minutes qu’en cinq minutes. Le rôle du jury n’est pas de vous piéger, mais de réussir à cerner le meilleur de vous-même, ce qui fera de vous la personne à recruter de toute urgence. Si le jury fait ce choix, ne perdez pas pied, ne vous fermez pas et gardez votre ligne directrice. Vous avez bien préparé, structuré et répété votre exposé. Il est dynamique, authentique, tourné vers la sincérité et l’efficacité…Gardez confiance.
Dans tous les cas, il ne faut pas perdre de vue que votre objectif est de démontrer que vous avez les compétences nécessaires à l’exercice des missions envisagées.
Ces conseils et astuces en poche, vous saurez mieux gérer le stress inhérent à ce type d’épreuve. Une autre qualité que le jury appréciera et vous conduira vers la liste d’admission.
Bonne chance dans votre préparation avec Carrières Publiques !