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Être nommé chef de service de la police municipale en 2020

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Au mois de juin 2020, vous vous présentez aux épreuves des concours de chef de service de la police municipale. Bien préparé vous entendez être lauréat et être nommé. Le secteur est en pleine croissance d’emploi, pour autant, même en cas de réussite, vous allez devoir convaincre un maire ! Point sur…

Pourquoi être lauréat  ne suffit pas à rejoindre un service de police municipale ?

Si dans la fonction publique hospitalière, vous êtes recruté et dans celle de l'État, vous êtes un stagiaire susceptible d'être titularisé, dans la territoriale, être lauréat d’un des concours de chef de service de police municipale (filière sécurité - catégorie B – fonction publique territoriale) – comme pour tout concours de la FPT - ne suffit pas pour être recruté.

Cela étant, vous avez franchi l'étape de présélection. Concrètement, vous êtes inscrit, par ordre alphabétique, sur une « liste d’aptitude » (liste d’admission) gérée par le centre de gestion (centre départemental ou interdépartemental de la fonction publique territoriale - CDG ou CIG) organisateur des concours.

Consultez les vacances de postes correspondants au grade de chef de service PM

En effet, dans la Territoriale, en vertu du principe de libre administration des collectivités, vous devez postuler auprès d'un employeur local (maire, président d’établissement notamment intercommunal (EPCI) : communauté de communes, d’agglomération, métropole…) pour trouver votre poste.

Il vous faut donc consulter les annonces de postes vacants sur les sites des CDG ou CIG. 95,2% des villes de plus de 50 000 habitants sont dotées d’une police municipale. Le gros des effectifs étant concentré en Ile-de-France, en région Sud, dans les zones touristiques du littoral et dans les Hauts de France.

Soyez attentif dans vos recherches. Gardez en mémoire que « chef de service PM » est un grade, que peut avoir un policier municipal sans pour autant diriger un service. Lisez bien les annonces et les missions recherchées.

Préparez un CV et une lettre de motivation qui feront la différence

Une fois le poste cherché repéré, vous devez envoyer à votre employeur potentiel, une copie de votre attestation de réussite au concours, mais aussi une lettre de motivation et un CV. Celui-ci doit donner l’image de quelqu’un pouvant être proche des élus et attentifs à leurs demandes, tout en leur transmettant les demandes de la population.

Un exercice qui n’est pas évident… mais restez confiant, les collectivités et les établissements territoriaux sont d’abord des lieux sociaux où se rencontrent des êtres humains. Sachez montrer que vous êtes (déjà) un chef de service de la police municipale capable, en bon professionnel, de s’adapter aux besoins de services publics (tranquillité de voisinage, qualité de vie dans la commune, besoin accru de protection…).

Pour faire la différence, votre lettre de motivation doit faire passer un message clair et pertinent. Votre lecteur doit comprendre que vous ne postulez pas par hasard. En bon professionnel que vous êtes, vous savez ce que vous voulez : être chef de service de police municipale.

Une « bonne » lettre de motivation se résume à une dizaine de phrases courtes, directes et simples, où votre destinataire (directeur des ressources humaines, directeur général des services, maire…) doit comprendre :

  • votre statut (lauréat du concours de chef de service de police municipale et éventuellement titulaire de la fonction publique – grade …),
  • votre parcours (privé-public, public-public) afin d’éveiller l’intérêt chez votre recruteur,
  • pourquoi vous postulez : ce qui vous intéresse, votre envie,
  • ce que vous pouvez apporter sur ce poste, à la collectivité/structure,
  • que vous souhaitez une entrevue pour parler de votre projet.

Concrètement, dans votre lettre de motivation, utilisez des phrases telles que : « Je suis … J’ai décidé de changer de… car je souhaite… J’ai donc passé et réussi le concours de chef de service de police municipale…  Je me suis renseigné sur votre collectivité et le poste que vous proposez m’intéresse… Je peux répondre à vos attentes… ».

Chef de service PM, un métier en tension en 2020

En étant lauréat, vous avez un sérieux atout dans votre manche. Les effectifs de police municipale sont en constante progression. Si le plus souvent la PM est une cellule réduite de une à cinq personnes, elle se développe. La sécurité serait même le premier enjeu des élections municipales en 2020.

En 2018, « Villes de France » indiquait que la profession était en tension. Une situation que le responsable de la police municipale de Strasbourg exprime bien : « Mon vœu personnel, ça serait d’augmenter les effectifs, parce que du boulot, j’en ai. J’aurais cent bonhommes de plus, je les absorbe et j’absorbe le boulot avec sans problème. Après, je comprends bien que ce sont les deniers publics et que ce n’est pas évident. »

Depuis 1980, le nombre de communes dotées d’un service de police municipale a plus que doublé tandis que les effectifs des agents ont quadruplé : On dénombrait plus de 22 000 policiers municipaux et seulement 10% d’agents en catégorie B en 2018.

Pour répondre aux besoins, les recrutements se font tout au long de l’année.

Les qualités à mettre en avant ? Capacité de médiation, d’information… et de répression

Lors de l’entretien, sachez convaincre les personnes présentes (souvent le DRH, votre supérieur hiérarchique direct...), que vous êtes un chef de service PM à l’écoute des besoins des citoyens, qui sait leur porter assistance, capable, éventuellement, de diriger et encadrer les agents placés sous sa responsabilité.

Savoir créer du lien avec la population, basé sur le dialogue notamment pour gérer des populations spécifiques (mineurs, gens du voyage, SDF), la concertation, la sensibilisation, l'information, sont des missions dévolues au chef de service PM, la médiation est donc une aptitude indispensable. Mais il doit aussi pouvoir garantir le maintien de l’ordre, veiller à la sécurité publique, et exécuter les arrêtés de police du maire de sa commune ou de l’intercommunalité le cas échéant, dans les conditions déterminées par les lois des polices municipales, relative à la sécurité quotidienne, la démocratie de proximité, la sécurité intérieure et pour l’égalité des chances (Lois du 15 avril 1999, du 15 novembre 2001, du 27 février 2002, du 18 mars 2003 et du 31 mars 2006).

Sur les limites de la commune, il est doté de pouvoirs de police judiciaire, qui l’habilitent à effectuer, par exemple, des contrôles de vitesse ainsi que des dépistages d’alcoolémie. Il est également, en première ligne pour verbaliser des infractions en matière d’environnement (propretés des rues, affichage et dépôts sauvages, graffitis, détérioration du domaine public...) ou de nuisances sonores (tapage nocturne, respect des couvre-feux…). Ces actions viennent en appui des autres forces de sécurité que sont les gendarmes et les policiers nationaux ou d'autres partenaires institutionnels comme la préfecture.

Il doit donc détenir une bonne condition physique et savoir montrer une maîtrise de soi dans des situations de crise ainsi que de sang-froid. Souvent confronté à des populations en situation de précarité ou en proie à un accident grave, le chef de service PM doit alors savoir faire preuve de grandes capacités d'écoute et d'adaptation, aimer venir en aide aux autres, savoir écouter, et être patient.

Il est aussi amené à travailler sur une large amplitude horaire, de jour comme de nuit, ainsi que le week-end. Il doit donc être disponible. Par ailleurs, selon les communes, le chef de service de PM peut aussi porter une arme et disposer de l’appui de la vidéosurveillance.

Mais aussi savoir être… un manager aux qualités humaines

Le grade de chef de service de la police municipale conduit souvent à assurer des missions d’encadrement sur le terrain. Au-delà de ses responsabilités administratives, budgétaires, de l’élaboration des emplois du temps et de l’évaluation, il doit donc avoir un rôle de manager auprès de ses équipes, les diriger, et encourager chaque agent individuellement.

Un chef de service PM doit aussi être fin psychologue, savoir gérer une crise. Il faut également qu’il maîtrise les techniques de diagnostic, d’analyse, et de raisonnement tactique. Il doit diriger les agents placés sous sa responsabilité et organiser l’activité de ses équipes en fonction des demandes municipales. Il lui faut donc aussi savoir imposer son autorité et maîtriser les techniques de commandement lors d’interventions. Les qualités relationnelles sont très importantes.

Et après ? Formation, évolutions de carrière…

Une fois le poste trouvé, le chef de service de police municipale est stagiaire pendant un an. Une formation initiale d'aptitude de 9 mois au Centre national de fonction publique territoriale (CNFPT) et des stages pratiques sont prévus. Les candidats qui ont déjà suivi ce stage d’une année, ainsi que ceux qui justifient de 4 ans de services effectifs, voient la durée de formation réduite à six mois. La titularisation intervient à la fin de cette période. Elle est assujettie à la double assermentation du préfet et du procureur de la République, éclairés par l’avis du CNFPT.

Côté rémunération, le salaire de l’agent évolue surtout en fonction du grade et de l’échelon de 1 600 à 2 700 € bruts mensuels (chiffres 2017). A ce traitement de base, s’y ajoute de nombreuses primes et des indemnités (indemnité Spéciale Mensuelle de Fonctions (ISMF), indemnité d’Administration et de Technicité (IAT), indemnité Horaire pour Travaux Supplémentaires (IHTS), Nouvelle Bonification Indiciaire (NBI)).

Le cadre d’emploi de chef de service de la police municipale compte trois grades : chef de service, chef de service principal de 2ème classe et de 1ère classe. L’ancienneté et les promotions internes permettent donc à un chef de police d’évoluer et prendre plus de responsabilités.
Mais pour booster sa carrière, un chef de service PM peut aussi évoluer vers le grade de directeur de police municipale (catégorie A) après réussite à un examen professionnel ou un concours.       

 

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