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La déontologie dans la fonction publique : cas pratiques pour les oraux

juin 2026

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Dans la fonction publique, tous les agents — fonctionnaires, contractuels ou stagiaires — doivent respecter des règles déontologiques qui garantissent l’intérêt général. C’est pourquoi les jurys aiment tester les candidats sur ces principes. Pour éviter les réponses trop scolaires et adopter une posture réellement professionnelle, voici quelques repères et cas pratiques pour vous entraîner. 

Mises en situation, dilemmes éthiques : pas de place pour l’improvisation  

La déontologie occupe une place centrale dans les oraux de concours de la fonction publique (ex. attaché territorial). Les jurys ne cherchent pas seulement à vérifier vos connaissances théoriques: ils veulent comprendre comment vous réagissez face à un dilemme , comment vous appliquez les principes du service public(cf. ci-dessous pour rappel), et si vous êtes capable de prendre une décision juste, proportionnée et conforme au cadre légal.

Les mises en situation déontologiques permettent d’évaluer votre discernement, votre posture professionnelle, votre loyauté à l’institution, et votre capacité à protéger l’intérêt général. C’est un terrain où l’improvisation n’a pas sa place: il faut connaître les principes, mais surtout savoir les incarner dans l’action.

Les obligations déontologiques des agents publics : le socle à maîtriser

Avant d’aborder les cas pratiques, il est essentiel de connaître les principales obligations déontologiques qui s’imposent à tous les agents publics, qu’ils soient fonctionnaires, contractuels ou stagiaires. Ces principes guident l’action quotidienne (source : CDG35 ) et constituent la base du raisonnement attendu par les jurys.

Dignité : Respecter chaque personne dans l’exercice de ses fonctions, sans jugement ni comportement dévalorisant.

Impartialité : Agir sans favoritisme, traiter chaque usager de manière équitable, éviter toute influence extérieure.

Intégrité : Ne poursuivre aucun intérêt personnel dans le cadre du service et prévenir toute situation de conflit d’intérêts.

Probité : Agir avec honnêteté, loyauté et transparence dans toutes les décisions professionnelles.

Neutralité : S’abstenir de manifester ses opinions personnelles (politiques, philosophiques…) dans l’exercice de ses fonctions.

Laïcité : Ne pas exprimer ses croyances religieuses dans le cadre professionnel et garantir la liberté de conscience de chacun.

Obligation d’information du public : Répondre aux demandes d’information dans le respect du cadre légal (transparence, accès aux documents administratifs…).

Secret professionnel et discrétion : Ne pas divulguer les informations, faits ou documents connus dans le cadre de ses fonctions.

Obéissance hiérarchique : Se conformer aux instructions du supérieur hiérarchique, sauf si l’ordre est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.

Interdiction de cumul d’activités : Consacrer son activité professionnelle au service public, sauf dérogations légales encadrées (activités accessoires, enseignement, auto entrepreneuriat…).

Ces principes ne sont pas à réciter: ils doivent guider votre raisonnement dans chaque mise en situation.

Les types de mises en situation que les jurys posent le plus souvent

Les jurys utilisent souvent des scénarios proches du quotidien professionnel. Parmi les plus courants :

  • Conflit d’intérêts :«Un usager que vous connaissez personnellement demande un traitement prioritaire. Que faites vous ? »
  • Pression hiérarchique :«Votre supérieur vous demande d’accélérer une procédure pour un élu. Comment réagissez vous ?»
  • Neutralité et laïcité :«Un agent porte un signe religieux visible au contact du public. Comment gérez vous la situation ?»
  • Confidentialité :«Un collègue vous demande des informations sur un dossier sensible. Vous faites quoi ?»
  • Impartialité : «Deux usagers en conflit vous sollicitent. L’un est très connu dans la commune. Comment garantissez vous l’équité ?
  • Devoir d’alerte : «Vous constatez une irrégularité dans une procédure. Quelle est votre réaction ?»
  • Comportement d’un agent : «Vous observez un agent adopter une attitude inappropriée envers un usager. Comment intervenez vous ?»

Comment répondre de manière professionnelle et efficace ?

Pour traiter une mise en situation déontologique, le jury attend un raisonnement clair, posé et ancré dans les valeurs du service public.

Pour structurer votre raisonnement, vous pouvez utiliser une adaptation de la méthode STAR, cette méthode qui consiste à structurer une réponse en 4 temps, en décrivant la Situation, la Tâche, l’Action menée et le Résultat obtenu.

Tout d’abord, commencez par identifier le principe déontologique en jeu. Commencez par nommer ce qui est réellement en cause : neutralité, impartialité, intégrité, loyauté, secret professionnel… C’est la boussole de votre raisonnement. Montrer que vous savez qualifier la situation est déjà un signe de maturité professionnelle. Ensuite, mettez en lumière l’enjeu pour le service public. Expliquez pourquoi cette situation pose problème : atteinte possible à l’égalité de traitement, risque de rupture de confiance avec les usagers, fragilisation de la sécurité juridique, image du service dégradée… Le jury veut voir que vous comprenez ce que votre décision implique au delà du simple cas individuel. Puis, décrivez l’action professionnelle adaptée. Exposez la conduite à tenir, en montrant que votre action est : proportionnée, conforme au droit, respectueuse des personnes, protectrice de l’intérêt général. Il ne s’agit pas d’être héroïque, mais d’agir avec justesse, méthode et sens des responsabilités. Enfin, terminez en précisant l’attitude qui accompagne votre décision : sens du dialogue, traçabilité des actions, vigilance, capacité d’alerte si nécessaire. C’est cette posture — calme, réfléchie, loyale — qui rassure le jury sur votre aptitude à exercer vos futures fonctions.

5 cas pratiques pour vous entrainer

Pour illustrer la méthode, voici 5 cas pratiques complets, avec pour chacun : l’énoncé, les pièges, la réponse attendue et une formulation professionnelle synthétique.

Cas pratique n°1 — Le conflit d’intérêts

Situation : Un usager que vous connaissez personnellement (ami, voisin, parent d’élève…) vous demande d’accélérer le traitement de son dossier «si possible».

Piège : Dire oui «pour rendre service» ou au contraire répondre sèchement. Le jury teste votre capacité à identifier le conflit d’intérêts.

Réponse attendue :

  • Identifier le conflit d’intérêts.

  • Garantir l’égalité de traitement.

  • Se retirer du traitement du dossier si nécessaire.

  • Informer calmement la personne / l’usager du cadre légal.

Formulation professionnelle : «Je rappelle à l’usager que je dois traiter tous les dossiers de manière équitable. Pour éviter tout conflit d’intérêts, je me déporte et confie son dossier à un collègue. Cela garantit la neutralité du service et la confiance des usagers.»

Cas pratique n°2 — La pression hiérarchique

Situation : Votre supérieur vous demande de « faire passer en priorité » le dossier d’un élu ou d’un proche de l’exécutif.

Piège : Dire oui sans réfléchir, ou refuser frontalement. Le jury teste votre capacité à résister à une pression inappropriée, sans rompre la loyauté hiérarchique.

Réponse attendue : Rappeler calmement les règles d’impartialité. Proposer une solution conforme au droit. Documenter si nécessaire.

Formulation professionnelle : «Je rappelle que les dossiers doivent être traités selon l’ordre prévu. Je propose de vérifier s’il existe une urgence objective justifiant une priorité. À défaut, je maintiens l’ordre de traitement pour garantir l’impartialité du service.»

Cas pratique n°3 — Secret professionnel et discrétion

Situation : Un collègue vous demande des informations sur un dossier sensible « pour se tenir au courant », alors qu’il n’est pas impliqué dans le traitement.

Piège : Croire que « c’est un collègue, donc c’est autorisé ». Le jury teste votre capacité à protéger les données.

Réponse attendue : Rappeler le secret professionnel. Ne pas transmettre l’information. Rediriger vers la personne habilitée.

Formulation professionnelle : «Je lui explique que je ne peux pas partager ces informations car il n’est pas habilité à y accéder. Je l’oriente vers le responsable du dossier si sa demande est légitime.»

Cas pratique n°4 — Comportement inapproprié d’un agent

Situation : Vous observez un agent parler sèchement à un usager, voire adopter une attitude irrespectueuse.

Piège : Intervenir de manière agressive ou ignorer la situation. Le jury teste votre posture managériale et votre sens du service public.

Réponse attendue : Intervenir immédiatement mais calmement. Rétablir un climat respectueux. Reprendre l’agent ensuite en entretien.

Proposer un accompagnement si nécessaire.

Formulation professionnelle : «J’interviens pour apaiser la situation et garantir un accueil respectueux. Ensuite, je reçois l’agent pour comprendre ce qui s’est passé, rappeler les obligations de dignité et de respect, et proposer un accompagnement si besoin.»

Cas pratique n°5 — Le devoir d’alerte

Situation : Vous constatez une irrégularité dans une procédure : un document non conforme, une signature manquante, un traitement qui ne respecte pas la règle, ou une décision prise en dehors du cadre légal.

Piège : Fermer les yeux « parce que ça se fait comme ça depuis longtemps ». Régler le problème seul sans en informer la hiérarchie. Accuser un collègue ou créer un conflit.

Le jury teste votre capacité à agir avec intégrité, sans excès ni défaillance.

Réponse attendue : Vérifier objectivement la nature de l’irrégularité. En informer votre supérieur hiérarchique. Proposer une correction ou une mise en conformité. Documenter si nécessaire. Alerter plus haut si l’irrégularité est grave et que rien n’est fait.

Formulation professionnelle : «Je vérifie d’abord précisément la nature de l’irrégularité. Puis j’en informe mon supérieur hiérarchique pour que la procédure soit corrigée et mise en conformité. Si l’irrégularité présente un risque sérieux pour le service ou les usagers et qu’aucune mesure n’est prise, j’exerce mon devoir d’alerte auprès du niveau supérieur. Mon objectif est de garantir la sécurité juridique et la qualité du service rendu.»

La déontologie est un cadre vivant, qui guide l’action quotidienne de chaque agent public. Les jurys le savent bien, et c’est pourquoi ils multiplient les mises en situation pour évaluer votre capacité à raisonner avec discernement, à agir avec intégrité et à adopter une posture professionnelle solide. Face à un dilemme, ce qui fait la différence n’est jamais la connaissance brute, mais la manière dont vous articulez les principes, les enjeux et l’action juste.

À l’oral, vous ne serez pas jugé sur votre perfection, mais sur votre capacité à réfléchir avec intégrité, à agir avec justesse et à incarner, en toutes circonstances, l’esprit du service public. En vous entraînant à identifier le principe en jeu, à comprendre ce qu’il implique pour le service public, à proposer une réponse proportionnée et à assumer une posture responsable, vous montrez que vous êtes prêt — non seulement pour l’oral, mais pour les missions qui vous attendent.

Et si certains points vous semblent encore flous ou si vous souhaitez vous entraîner dans des conditions proches du concours, Carrières Publiques propose des entraînements à l’oral. Ils permettent de pratiquer, d’être accompagné et de gagner en assurance pour aborder le jour J avec confiance.

 

Bonne préparation avec Carrières Publiques !


 

 

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